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Comment les écrans agissent sur les capacités d'attention des enfants...

Je me suis lancée sur ce thème sur Youtube, non sans une certaine appréhension, mais j'ai sauté le pas... Et puis, je me dis que par écrit, ça peut aussi intéresser d'autres personnes. Alors, allons-y !


Si vous préférez la vidéo, c'est ici:



J'en profite pour remercier ma fille qui a réalisé la miniature de ma vidéo...





Si vous préférez lire sur ce sujet, c'est ici!


Nous vivons aujourd'hui dans un monde hyper-connecté et comme nous avons pu l'expérimenter avec le confinement, ceci peut être très utile! Le numérique permet des choses incroyables, de lever des barrières, de travailler depuis chez soi, d'étudier à distance, de rester en contact avec notre famille éloignée géographiquement, etc.


Comme vous avez pu le comprendre, ce qui m'intéresse particulièrement, ce sont les enfants et leur développement...


Or, nos enfants utilisent les écrans principalement pour se divertir et visionner des contenus. D'après les études citées par Michel Desmurget (Docteur en neurosciences et directeur de recherche à l'Inserm) dans son livre "La fabrique du crétin digital", "plus de 90% du temps numérique des enfants de 2 à 8 ans est l’absorption de programmes audio-visuels (DVD, TV, vidéo) et la pratique de jeux vidéos" (p194).

Et à votre avis quel est le temps moyen que nos enfants consacrent à ces activités?

Entre 2 et 8 ans, la consommation numérique quotidienne atteint 2h45 par jour, soit 1/4 du temps de veille moyen d’un enfant de cet âge. Après un rapide calcul, en temps cumulé sur une année, on atteint 1000h! C'est à dire plus que le nombre total d’heures d’une année scolaire...


Oui, je sais, ça laisse songeur...


Bon, nous venons de camper le décor.

Maintenant, voyons quels sont les effets sur l'attention de cette importante exposition aux écrans chez nos enfants.


Tout d'abord précisons qu'il existe différents types d'attention et que les capacités d'attention s'entrainent et se développent dans l'enfance (ou pas... selon ce que font les enfants).


L'attention que l'enfant a besoin de développer pour pouvoir se poser et pour pouvoir faire des apprentissages est une attention endogène, c'est à dire qui vient de lui-même, de l'intérieur et qui se dirige sur un objet extérieur. C'est un processus actif. C'est une attention qui permet de se focaliser sur une tâche et de la mener à son terme (si cette attention est maintenue). C'est par exemple l'attention que l'enfant mobilise lorsqu'il fait un puzzle, un coloriage, une tour de cubes... ou lorsqu'il est à l'école.


Les écrans (DVD, jeux vidéos, vidéos) quant à eux stimulent l'attention exogène, c'est alors le défilement rapide des images et les variations de son qui viennent capter l'attention de l'enfant et la relancer en permanence. L'enfant est alors passif. Son attention est captée et il lui faut faire un effort pour se désengager de l'écran. Par ailleurs, c'est une attention dispersée qui est sensible à tous les stimuli: le bruit qui augmente d'un coup, la mouche qui passe... L'enfant se laisse embarquer par les éléments extérieurs et prend l'habitude qu'on vienne le chercher et qu'on attire son attention de l'extérieur... il n'a qu'à suivre.


Le problème lié aux écrans, c'est qu'à force de sur-stimuler cette attention exogène dispersée, l'enfant perd la capacité à engager activement son attention focalisée, endogène.

En classe par exemple, l'enfant se laisse happer par le copain qui vient de faire tomber sa gomme, le bruit dans le couloir, l'oiseau qui passe derrière la fenêtre, etc... A la maison, l'enfant est dans un zapping permanent, il passe 5 minutes sur le puzzle, 5 minutes sur le coloriage et ne finit jamais rien... ou se laisse distraire par tout ce qui se passe autour de lui.


"Une large méta-analyse fondée sur 45 études impliquant + de 150000 enfants de moins de 18 ans a identifié une corrélation positive entre consommation d'écrans récréatifs et déficit attentionnel" nous dit encore Michel Desmurget en citant ses sources (Nikkelen S.W. et al., "Media use end ADHD-related behaviors in children and adolescents", Dev Psychol, 50, 2014).


Est-il utile de préciser que l'attention endogène, focalisée, celle qu'on appelle aussi la concentration, est la base fondamentale de tout apprentissage ?

Le langage, la lecture, la musique, la super tour de Kapla grande comme l'enfant, la construction en lego, faire du vélo, écouter ce que dit maman ou papa... tout ça n'est possible que si on est capable de maintenir son attention et de ne pas se laisser distraire par n'importe quoi.


OK, alors que fait-on ?


1/ On réduit les activités passives durant lesquelles l'attention est captée (vidéos, dessins animés, clips...) en définissant avec l'enfant un temps journalier autorisé (de 30 min à 1h/jour après 6 ans paraît être un compromis sans trop de risque pour l'enfant). On définit des plages SANS écran, comme par exemple le matin avant l'école, aux repas et avant le coucher. Et on lui propose des alternatives...


2/ On privilégie les activités actives, les bons vieux jeux d'antan (puzzles, coloriages, jeux de société, jeux de construction type Kapla, Legos..., les jeux d'imagination type poupées, Playmobils, dînette..., les perles, les scoubidous, les jeux de ballon, la pâte à modeler, patouiller dans la terre, dans le sable, faire un gâteau, faire une cabane avec la nappe et les chaises, une bataille de polochons...)


3/ On peut même les laisser s'ennuyer! Si, si, je vous promets! C'est dans ces moments-là qu'ils se refont le film de leur journée, que leur esprit peut vagabonder, imaginer et finalement créer. Ce temps de vide est utile à la construction de l'enfant.


Tout cela (2- et 3-) est beaucoup, beaucoup, infiniment plus riche, épanouissant et formateur pour nos enfants!


4/ Bon... et pour finir, il est aussi utile de nous poser la question de l'exemple que nous leur donnons. Car nos enfants sont aussi notre reflet et ils apprennent en nous voyant faire...


Alors ? Prêt pour un peu de changement ?


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